Journée des Bénévoles du 2 février 2008 : Compte Rendu

By sd

Texte écrit par Anne-Marie Bruneau, bénévole accompagnante

Nous avons débuté notre matinée comme un samedi matin, tranquillement, laissant le temps d’arriver à tout le monde …

Introduction à l’écoute

C’est Anne Griffon qui nous a accompagnés le matin. Psychothérapeute libérale, elle intervient auprès de personnes adultes et d’adolescents. Elle utilise la méthode PNL humaniste qui travaille sur le comment :

Ø Programmation : tout au long de notre vie nous nous programmons en mettant en place des façons de penser, de ressentir et d’agir

Ø Neuro : cette capacité de nous programmer repose sur nos capacités neurologiques

Ø Linguistique : le langage structure et reflète la façon dont nous pensons et la façon dont nous ressentons

Ø Humaniste : rassemble plusieurs types d’analyse

Qu’écoute-t-on chez l’autre de l’autre ?

1) Ce que nous montre la personne : communication non verbale ou langage analogique
2) Ce que dit la personne : langage digital

1) Le langage s’écoute et s’observe par :

- La position du corps dans son ensemble

- L’inclinaison de la tête

- La respiration : rythme, amplitude, localisation : haute, milieu, basse

- La coloration de la peau

- La voix : rythme, tonalité, débit, puissance, silence, pause

- Les micro mouvements : froncements des yeux, des sourcils, des lèvres, des paupières

- La direction des yeux : (en haut : visuel ; au milieu : auditif ; en bas : ressenti, état interne ; à gauche : remémore, souvenir ; en bas à gauche : dialogue interne, la personne se remémore ; en bas à droite : la personne ressent quelque chose, le kinesthésique)

2) Le langage verbal ou digital s’écoute par ce que dit la personne

Anne utilise une grille appelée “méta-modèle”. C’est un ensemble d’outils linguistiques qui permettent de :

- Décoder comment se fait la construction du monde d’une personne

- De comprendre comment une personne utilise le langage de façon inconsciente en le transformant pour traduire une expérience profonde

- De questionner ces transformations de langage pour aider la personne à retrouver le sens, l’interprétation, les fondements sensoriels de son expérience

Trois processus mentaux se manifestent dans le langage. Ces processus sont utilisés pour se créer son modèle du monde (si je suis né dans une famille où l’on dit tous les jours que “la vie c’est de la merde et qu’on en mange une tartine chaque jour” …)

- Les omissions : on oublie de dire quelque chose – à questionner pour obtenir les informations manquantes

- Les généralisations : par exemple : “vieillir c’est terrible” “les femmes sont toutes des garces sauf maman” – à questionner pour élargir les limites du modèle du monde de l’interlocuteur

- Les malformations sémantiques : la personne interprète la réalité en lui attribuant une signification personnelle (peut amener des délires, des psychoses) – à questionner pour clarifier les distorsions

L’essentiel quand on écoute quelqu’un c’est de voir la congruence, la cohérence, l’alliance entre le verbal et le non verbal, le conscient et l’inconscient.

Le pourquoi est intrusif ; il focalise sur le problème. Qu’est-ce qu’on va en faire quand on va savoir ?

Le comment permet de se poser : qu’est-ce qui fait que…?

Il était presque midi lorsque nous nous sommes séparés pour déjeuner.

Après un trajet à travers la campagne, sous le soleil hivernal nous nous sommes retrouvés chez Solange et Yves Doré avec Anne, Dominique et tous les autres.

Les jeux de rôle de l’après midi nous font découvrir peu à peu l’autre, chaque fois différent, celui qui est malade, et aussi l’accompagnant, la famille.

Philippe et Alix ont été les premiers interprètes de l’après midi et comme Alix au début nous étions gênés par les silences du malade, puis le débit de parole de l’accompagnante s’est posé. La communication et le lien se sont faits lorsqu’il y a eu silence. On sentait qu’ils étaient sur la même longueur d’ondes, ils avaient la même attitude physique. Le lien s’installe peu à peu, pas toujours à la première visite. Le silence permet l’accueil de la parole de l’autre.

Joëlle et Stéphanie ont suivi. Elles nous ont dit que c’était difficile. L’accompagnante nous a dit avoir eu envie de prendre la fuite mais la personne malade, malgré un rôle de composition difficile, nous a dit avoir ressenti l’attention, la compassion, la gentillesse et que cela ouvrait plein de portes : “je pouvais m’épancher”. Le fait que l’accompagnante se livre sur son intimité a permis à la personne malade de commencer à se mettre en lien avec son intimité. Elle peut dire la chose la plus importante : “dehors je suis aussi seule”.

Est-ce que poser des questions ce n’est pas faire une intrusion dans leur vie ? C’est la qualité de la rencontre qui fait que cela se pose ou pas.

Qu’est-ce que le temps passe vite lorsqu’on est ensemble ! Ce fut le moment pour certains de partir rejoindre leur famille.

Après une pause nous nous sommes installés pour regarder le très beau film de Patrice Chéreau “Son frère”. Yves devient de plus en plus fort pour faire marcher le magnétoscope. Certains ont essuyé quelques larmes. Le temps de partage qui a lieu à la suite du film nous a permis de voir que plusieurs d’entre nous ont fait le rapprochement avec leur expérience d’avoir des frères et sœurs. D’autres ont eu du mal à entrer dans le film.

Après avoir partagé une magnifique salade d’endives, de graines germées, de fromage, de noix… confectionnée par Madeleine et Geneviève, le fromage et le vin, une salade de fruits au sirop d’épices, nous sommes rentrés plus riches d’écoute et de partages.

Une réponse vers «Journée des Bénévoles du 2 février 2008 : Compte Rendu»

  1. Marcorelles dit :

    Merci pour ce compte rendu que je n’avais pas encore lu.
    J’ai été touchée.

    Malheureusement je ne pourrai pas être avec vous Samedi;
    Je le regrette beaucoup.

    Marianne.

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